Une société traditionnelle aborigène est structurée par un certain nombre de systèmes qui organisent les aspects de la vie et aide chaque individu à définir sa place et son rôle au sein du groupe. Ces systèmes varient d'une communauté à l'autre, mais les principes de base des noms de peaux restent similaires.

Au sein d'une communauté, chaque individu hérite dès sa naissance d'un nom de peau et de l'un des deux "moieties", et cela en fonction des noms de peaux respectifs de ses deux parents. Conjointement le nom de peau et le Moiety vont déterminer un certain nombre d'aspects de la vie spirituelle et sociale de chaque individu. Le choix du Moiety sera déterminant concernant les sujets qu'un artiste aura le droit de peindre ou non.

Les Moieties divisent la société en 2 classes, et l'héritage peut être paternel ou maternel selon les cas. Les Moieties vont au delà des individus car les animaux, végétaux, zones géographiques...en clair tout notre entourage rentre dans cette classification.

Sur l'ensemble des terres d'Arnhem (nord de l'Australie), les Moieties, Dhuwa ou Yirritja, sont un héritage paternel. Ils contribuent à fixer une règle de mariage: un Dhuwa devra épouser une Irritja ! 

Les noms de peaux aborigènes déterminent la place de chaque individu dans le réseau des relations sociales de la communauté et constituent également un système complexe qui régit les mariages. Tel nom de peau ne peut se marier qu'avec tel autre nom de peau bien déterminé.

Tout ce système permet bien entendu de régir un certain nombre de règles de société, mais également d'éviter les problèmes de consanguinité qui pourraient rapidement apparaître au sein des communautés de petites tailles.

Selon la taille de chaque communauté le nombre de noms de peaux peut varier, allant jusqu'à 8 noms différents voir pour certain avec des préfixes différents pour les hommes et les femmes, comme pour l'exemple des Warlpiri ci-dessous.

Chose importante, deux individus de même nom de peau, par exemple, sont considérés comme frères et/ou soeurs, et ainsi de nouveaux liens familiaux se créent sur un deuxième niveau. De cette façon chacun se retrouve avec plusieurs mères, pères, frères ou soeurs. Un grand père peut se retrouver être le frère de son petit fils, etc...

 

Voici l'exemple complexe des Warlpiri.

Les blocs de noms sont les seuls mariages possibles entre les différents noms de peaux. Les flèches pointent des couples vers leur descendance, masculine (préfixe "J") ou féminine (préfixe "N"). Si vous arrivez à ce point

de l'explication, je vous félicite, car le sujet est complexe... Cliquez sur les images pour

 noms de peaux aborigenes australie

 

Hommes

Japanangka

Jakamarra

Jungarrayi

Jampijinpa

Japangardi

Jangala

Japaljarri

Jupurrurla

 

Femmes

Napanangka

Nakamarra

Nungarrayi

Nampijinpa

Napangardi

Nangala

Napaljarri

Nupurrurla